Serap Dogansoy
16 Juillet 2026•Mise à jour: 16 Juillet 2026
L’épidémie d’Ebola déclarée mi-mai en République démocratique du Congo (RDC) a atteint 2.073 cas et 796 décès, devenant la troisième plus importante jamais enregistrée, a annoncé jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La flambée progresse plus rapidement que toutes les précédentes. Celle de 2018-2020 avait mis plus de dix mois à dépasser 2.000 cas, avant de faire 2.299 morts parmi 3.481 malades.
Des transmissions hors surveillance
La situation est particulièrement préoccupante en Ituri, dans le nord-est de la RDC, principal foyer de cette 17e épidémie dans le pays. Plus de 80% des nouveaux malades ne figuraient pas parmi les contacts connus, signe que des chaînes de transmission échappent à la surveillance.
Environ deux tiers des décès surviennent dans les communautés, chez des personnes jamais prises en charge dans un établissement de santé. Le conflit armé entrave également l’accès aux zones touchées, où un centre de traitement de Bunia a été attaqué mercredi.
La capacité d’accueil dépasse désormais 800 lits, le nombre de laboratoires est passé d’un à 16 et le suivi des contacts approche 80%. Plus de 21.000 agents communautaires sont en cours de formation et les procédures d’inhumation ont été renforcées.
L’OMS estime toutefois que l’épidémie continue de devancer la réponse. Son plan commun avec Africa CDC accuse un déficit de financement supérieur à 400 millions de dollars.
Plusieurs traitements à l’essai
Aucun vaccin ni traitement contre le variant Bundibugyo n’est actuellement homologué. Des essais cliniques évaluent cependant l’anticorps MBP134 et l’antiviral remdesivir, seuls ou associés.
Un essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, dirigé par l’université d’Oxford, a également débuté lundi. Depuis mardi, l’Institut national de recherche biomédicale de RDC teste l’antiviral obeldesivir comme traitement préventif chez les personnes exposées au virus.
Au total, 377 malades ont guéri, l’OMS soulignant l’importance du diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée.
En Ouganda, qui compte 20 cas et deux décès, le dernier patient confirmé devait quitter l’hôpital jeudi, ouvrant un délai de 42 jours sans nouveau cas avant la déclaration de la fin de l’épidémie.