Khalid Mejdoub
06 Juillet 2026•Mise à jour: 06 Juillet 2026
Les autorités sécuritaires marocaines ont annoncé, lundi, avoir déjoué des « projets terroristes » et arrêté dix personnes dans sept villes, soupçonnées d'appartenir à une cellule ayant reçu un soutien et des instructions de la branche de l'organisation Daech dans la région du Sahel.
Dans un communiqué, le Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), relevant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a indiqué avoir déjoué des « projets terroristes » visant à « porter gravement atteinte à l'ordre public ainsi qu'à la sécurité des personnes et des biens ».
Le BCIJ a précisé que les dix suspects ont été interpellés dans sept villes du royaume, car ils sont soupçonnés d'avoir reçu un soutien et des directives de la branche de Daech opérant dans la région du Sahel.
Les opérations d'interpellation ont été menées simultanément par les forces spéciales de la DGST dans les villes d'Agadir, Taroudant, Tétouan, El Hajeb, Fkih Ben Salah, Casablanca et Safi.
Selon le communiqué, les personnes arrêtées comprennent un ancien détenu condamné en vertu de la loi antiterroriste ainsi qu'un mineur.
Les enquêteurs indiquent que les suspects avaient reçu des instructions et entretenu des contacts directs avec certains dirigeants de la branche de Daech dans la région du Sahel et du Sahara. Ces derniers leur auraient demandé de rester au Maroc afin d'exécuter les objectifs de l'organisation, tout en reportant leur départ vers les bastions du groupe à l'étranger à une date ultérieure.
Les perquisitions ont permis de saisir des tenues militaires, des manuscrits à caractère extrémiste contenant des explications détaillées sur la fabrication d'engins explosifs, ainsi que des supports numériques et des contenus audiovisuels. Parmi ces éléments figuraient deux enregistrements contenant le texte du serment d'allégeance à Daech et des menaces explicites de commettre des actes de sabotage sur le territoire marocain.
Les autorités ont également saisi des armes blanches et du matériel qui, selon le BCIJ, était destiné à la mise en œuvre des projets terroristes.
À Inzegane, les forces de sécurité ont découvert un véhicule tout-terrain dont le réservoir de carburant avait été modifié dans un atelier clandestin afin de fonctionner au gaz butane. Selon le communiqué, ce véhicule devait servir à mener un attentat-suicide ou une attaque à la voiture-bélier contre des cibles et des infrastructures sensibles.
Le BCIJ a indiqué que l'enquête, menée sous la supervision du parquet chargé des affaires de terrorisme, a conduit au placement en garde à vue des suspects majeurs.
Le mineur a, quant à lui, été soumis à des mesures de contrôle afin d'approfondir les investigations, d'établir les liens de la cellule avec la branche de Daech dans la région du Sahel et du Sahara et de déterminer ses éventuelles ramifications aux niveaux national et international.
La branche de Daech dans la région du Sahel est considérée comme l'une des principales composantes actives de l'organisation en Afrique de l'Ouest et a revendiqué ou mené plusieurs attaques dans différents pays de la région ces dernières années.
Le Maroc annonce régulièrement le démantèlement de cellules soupçonnées d'être liées à des organisations extrémistes et affirme que ses services de sécurité ont démantelé plus de 200 cellules terroristes depuis 2003.
*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani