Serap Dogansoy
23 Juin 2026•Mise à jour: 23 Juin 2026
Le Niger a officiellement notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé ce mardi l'institution basée à La Haye, précisant que cette décision prendra effet le 18 juin 2027, conformément au délai d'un an prévu par le Statut de Rome.
La notification a été reçue le 18 juin par le secrétaire général de l'ONU, dépositaire du traité fondateur de la Cour.
Dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis le coup d'État de 2023, le Niger devient le premier membre de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe également le Mali et le Burkina Faso, à formaliser son retrait après l'annonce conjointe faite par les trois pays en septembre 2025.
Dans sa notification, Niamey estime que la CPI a fait l'objet de « détournements » et « d'instrumentalisations », reprenant des critiques régulièrement formulées par plusieurs États africains à l'encontre de l'institution.
La CPI a indiqué « regretter » cette décision, tout en rappelant que le Niger demeure tenu de coopérer avec la Cour jusqu'à l'entrée en vigueur effective de son retrait.
Créée en 2002 pour poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crimes d'agression, la CPI compte actuellement 125 États parties. Les États-Unis, la Russie, la Chine et Israël n'en sont pas membres.
Le retrait du Niger intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la Cour et certains pays africains, qui l'accusent de cibler de manière disproportionnée le continent. Depuis l'entrée en vigueur du Statut de Rome, seuls le Burundi et les Philippines ont effectivement quitté l'institution.