Serap Doğansoy
10 Septembre 2026•Mise à jour: 10 Septembre 2026
Les demandes d’asile dans l’Union européenne, en Norvège et en Suisse ont reculé de 17 % sur un an au premier semestre 2026, atteignant leur plus bas niveau pour cette période depuis 2021, a annoncé jeudi l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA).
Environ 332 000 demandes ont été déposées dans l’UE+, selon le bilan semestriel publié par l’agence. Cette baisse, amorcée fin 2024, s’explique notamment par l’évolution des nationalités des demandeurs dans le contexte de la transition politique en Syrie et par la coopération européenne avec les pays d’origine et de transit.
L’escalade des hostilités au Moyen-Orient n’a, à ce stade, entraîné aucune hausse des demandes dans l’UE+, précise l’EUAA.
La France devient la première destination
Avec 69 000 demandes, soit environ un cinquième du total, la France est devenue le premier pays de destination au premier semestre. Elle devance l’Italie (66 000), l’Espagne et l’Allemagne (55 000 chacune).
Ces quatre pays ont concentré près des trois quarts des demandes. Rapportées à la population, celles-ci ont été les plus nombreuses en Grèce, avec 23 000 dossiers, soit environ une demande pour 400 habitants.
Les Afghans ont déposé 39 000 demandes, en baisse de 7 %, et les Vénézuéliens 33 000, en recul de près d’un tiers. À l’inverse, les demandes de ressortissants bangladais ont augmenté de 13 %, à 20 000.
Moins d’un tiers des demandes acceptées
Le taux de reconnaissance en première instance s’est établi à 31 %, signifiant que moins d’un tiers des décisions ont abouti à l’octroi d’une protection internationale.
Fin juin, quelque 770 000 dossiers restaient en attente en première instance, soit 8 % de moins qu’un an auparavant. En tenant compte de l’ensemble des procédures administratives et judiciaires, leur nombre atteignait environ 1,18 million.
Les dossiers ouverts depuis plus de six mois représentaient 73 % des affaires en attente, contre 68 % un an plus tôt.
Ces données constituent le dernier bilan couvrant principalement l’ancien régime européen de l’asile, le nouveau Pacte sur la migration et l’asile étant entré en application le 12 juin.