Le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a présenté jeudi les principaux dossiers diplomatiques suivis par Paris, notamment la crise sanitaire en République démocratique du Congo (RDC), la situation au Moyen-Orient, la sécurité énergétique et l’avenir du dispositif international au Liban.
Lors de la conférence de presse du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux a annoncé que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se rendrait vendredi et samedi en RDC pour un déplacement à dimension « diplomatique, humanitaire et sanitaire ».
Le ministre doit notamment se rendre à Bunia, dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays, particulièrement touchée par l’épidémie d’Ebola. Il sera, selon le Quai d’Orsay, le premier ministre européen à se rendre sur place depuis le début de l’épidémie.
Paris entend ainsi renforcer son soutien aux autorités congolaises, aux Nations unies et aux acteurs humanitaires engagés dans la lutte contre la maladie, notamment en matière de recherche de nouveaux vaccins et d’équipement des personnels en première ligne.
Selon le Quai d’Orsay, l’épidémie en cours est la plus meurtrière des 17 épisodes d’Ebola qu’a connus la RDC, avec près de 3 900 décès sur environ 8 000 cas.
Ce déplacement intervient également à quelques jours de la septième Conférence nationale humanitaire (CNH), que Jean-Noël Barrot ouvrira le 6 octobre à Paris. Plus de 300 acteurs nationaux et internationaux doivent y participer pour discuter notamment du droit international humanitaire, de la réforme du système humanitaire et de la diversification de ses financements.
Paris analyse la demande américaine sur les réserves de diesel
Interrogé sur les informations faisant état d’une demande de Washington à Paris et Berlin concernant l’utilisation de leurs réserves de diesel, Pascal Confavreux a indiqué que les autorités françaises étaient « en phase d’analyse ».
« Nous avons pris connaissance de cette déclaration publique », a-t-il déclaré, précisant que Paris ferait connaître ultérieurement la nature de sa réponse.
Le porte-parole a souligné que la France travaillait parallèlement à la sécurisation de ses approvisionnements énergétiques et au rétablissement de la fluidité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Des discussions se poursuivent également autour d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies sur Ormuz. Paris affirme rester « pleinement mobilisé » pour garantir la liberté et la sécurité de navigation conformément au droit international.
Arabie saoudite : un dispositif « strictement défensif »
La France travaille également avec l’Arabie saoudite à la sécurisation de ses infrastructures énergétiques, notamment du corridor Est-Ouest de Yanbu.
Pascal Confavreux a insisté sur le caractère « strictement défensif » et « non belligérant » de l’engagement français envisagé.
Le porte-parole n’a pas précisé la nature, le volume ou la localisation des moyens susceptibles d’être déployés, renvoyant sur ces aspects opérationnels au ministère des Armées.
Selon lui, l’objectif est de contribuer à la protection des partenaires de la France dans la région, tout en sécurisant les approvisionnements et en réduisant les tensions sur les marchés énergétiques internationaux.
Paris prépare l’après-FINUL au Liban
Concernant le Liban, Pascal Confavreux a indiqué que Paris intensifiait ses consultations en prévision du départ de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), prévu le 31 décembre.
La France travaille autour de trois axes : une coalition internationale reposant notamment sur un noyau franco-italien, un volet européen consacré au renforcement des capacités et à la formation, ainsi qu’une présence des Nations unies distincte de la FINUL.
L’objectif est d’éviter « un vide sécuritaire » après le départ de la force onusienne, a expliqué le porte-parole.
Paris poursuit à ce titre ses échanges avec les autorités libanaises, Israël, les États-Unis ainsi que ses partenaires européens et régionaux. Les discussions concernant le futur volet onusien n’ont, à ce stade, pas abouti.
Syrie : Paris réaffirme son soutien à l’unité et à la souveraineté du pays
Sur la Syrie, le Quai d’Orsay a réaffirmé le soutien de la France à « l’unité et la souveraineté » du pays et à la transition en cours.
La France dispose d’un envoyé spécial présent en Syrie, tandis que des questions immobilières restent à régler avant une réouverture physique de son ambassade.
Interrogé sur les contacts entre les autorités syriennes et le Hezbollah, Pascal Confavreux n’a pas souhaité les commenter, mais a rappelé la position française en faveur du « plein désarmement » du mouvement libanais.
Le Moyen-Orient au menu du prochain Conseil des affaires étrangères
La situation au Moyen-Orient sera par ailleurs abordée lors du prochain Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, prévu le 12 octobre.
Interrogé sur l’éventualité de nouvelles sanctions contre Israël, Pascal Confavreux n’a annoncé aucune nouvelle mesure à ce stade.
Il a néanmoins rappelé la décision française d’interdire au niveau national les produits provenant des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, prise dans le contexte de la dégradation de la situation dans le territoire palestinien occupé.
Enfin, Paris et Londres discutent des modalités de sortie du mécanisme migratoire « one in, one out ». Le Quai d’Orsay a fait état d’une baisse de 40 % des traversées de la Manche en 2026 par rapport à la même période de 2025, qu’il replace dans le cadre de la coopération franco-britannique contre les traversées irrégulières.